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Des hommes et des femmes qui vivaient dans des communautés, organisées en « maisons », insérées dans la population, du Xe au XIIIe siècle.

Ils se réclamaient de la succession directe des Apôtres.

Ils menaient une vie totalement en accord avec les commandements de Jésus-Christ énoncés dans les Évangiles.

« toute une population médiévale d’hommes et de femmes qui tendait à récuser le modèle chrétien dominant » qui se définit elle-même avec une exigence chrétienne [Nelli]

Ce que l’on appelle « catharisme » est un phénomène historique, qui n’est isolé ni dans l’espace, ni dans l’Histoire, ni dans le temps. Il toucha toute l’Europe des Balkans aux côtes de la Manche.

C’est un mouvement chrétien parmi d’autres à une époque où les ecclésiastiques de l’église catholique romaine sont critiqués pour leur mode de vie dissolu à l’opposé des Évangiles.

Ces chrétiens furent considérés comme déviants, dissidents, au regard du dogme et de la liturgie élaborés et définis par l’église catholique romaine comme « hérésie manichéenne ».

Les cathares vivaient dans la société.

Au milieu du peuple, ils vivaient dans le monde mais ils se gardaient « du monde », le monde matériel, le monde qui est dirigé par le « mensonge », « le menteur », le « diable », le « prince de ce monde » : selon les paroles de Jésus dans l’Évangile de Saint Jean [Jean 14 : 16-17].  

Ils cherchaient à retrouver et garder une âme pure, cette âme qui pour eux fait partie du monde du Père et du Christ, en opposition à un monde matériel créé et gouverné par « le Malin ».

Dans un Moyen Age tout entier imprégné de religiosité et de recherche du salut de l’âme, ils offraient un modèle de vie très concret qu’ils mettaient eux-mêmes en pratique pour atteindre ce but.




Les cathares (à gauche) effectuent le consolamentum , tandis que deux franciscains (à droite) contemplent avec horreur leur « hérésie ».
Miniature extraite d’une Bible moralisée du XIIe s., un livre d’instruction religieuse illustré, Bibliothèque nationale de France.

Leur organisation, leurs rites, leur mode de vie et toutes leurs pratiques étaient entièrement tournés vers la réalisation de ce Salut, dans cette vie-ci et dans celle de l’au-delà.

Ils traversaient et parcouraient le monde en bénissant tous ceux qu’ils rencontraient, en apportant la consolation physique aux malades et la consolation spirituelle à ceux qui la leur demandaient. 

Pour cela, ils étaient investis par le Saint-Esprit, le Paraclet, le Consolateur, qu’ils recevaient par le rite du consolament [voirhttps://danslespasdescathares.fr/glossaire/ ] ou baptême spirituel, perpétuant fidèlement la mission et les gestes que Jésus-Christ avait transmis à ses apôtres.

Leur organisation

une Église à caractère chrétien s’opposant à l’Église romaine

Ordre de la sainte église

L’Ordre de la sainte église est constituée de 5 évêchés (Albi, Toulouse, Carcassonne, Agen, Razès),

  • un évêque (l’Ordonné) par territoire ;
  • 2 co-adjuteurs de l’évêque : un Frère majeur et un Frère mineur ;
  • des diacres ;
  • des responsables de maisons communautaires : un Ancien pour les hommes, une parfaite pour les femmes ;
  • les parfaits et parfaites.
  • Les croyants


« Parfait », « Parfaite »  : un terme utilisé pour désigner les personnes ordonnées dans la religion

UNE VIE ACTIVE DANS LA SOCIETE

  • Ils étudient et prêchent les évangiles et le Nouveau Testament.
  • Ils sont itinérants pour accomplir ce ministère. 
  • Ils traduisent le Nouveau Testament en langue d’oc pour le mettre à portée des croyants.
  • Ils portent en permanence un évangile de Jean à la ceinture.
  • Ils ont une vie active et ils travaillent pour vivre : ils sont artisans, marchands, commerçants etc.
  • Ils récoltent, font circuler et travailler l’argent, en récoltant les dons des croyants ou des héritages dans le but d’un bien-être commun
  • Ils refusent les sacrements de l’église romaine : baptême des enfants, mariage, extrême-onction.
  • Ils sont reconnus par les croyants qui leur doivent le salut [l »adoration  » pour l’église romaine] lorsqu’ils les rencontrent : le melhorier*https://danslespasdescathares.fr/glossaire/. Ils sont habillés de sombre (cape noire) et d’un bonnet pour les Bonnes Femmes.
  • Ils bénissent et prient en permanence : tous les croyants qu’ils rencontrent, la nourriture qu’ils prennent. Ils prient nuit et jour toutes les heures.
  • Ils prononcent le Pater avant toute prise de nourriture ou toute action. Lors des repas, ils accomplissent une bénédiction rituelle du pain.
  • Ils apportent le salut de l’âme aux croyants qui le souhaitent par l’annonce de la bonne nouvelle donnée dans les évangiles et par le rite du consolament*, le « baptême d’esprit » qui fait descendre sur les consolés l’Esprit Saint, le Paraclet, le Consolateur, l’Esprit de vérité tel que l’a transmis Jésus-Christ juste avant sa passion, comme le relate Jean dans le 4ème évangile.
  • Une vie en communauté :
  • Ils vont toujours par 2, avec un soci, une socia.
  • Ils vivent dans des « maisons de parfaits » (avec un Ancien) et de parfaites (avec une Prieure) situées au cœur de la vie sociale, dans les villages.
  • Ils ont des règles de vie très strictes : abstinence, pesco-végétarisme, récitations du Pater et génuflexions, ne pas jurer, ne pas mentir, ne pas voler, ne pas enlever la vie, exercer une maîtrise sur leurs paroles, leurs gestes, leurs actes, sur leur nourriture par de nombreux jeûnes, de nombreuses confessions et pénitences.
  • Une vie dans la société proche des gens, sur le modèle proposé par Jésus-Christ, tel qu’il l’énonce dans l’Évangile de Jean, particulièrement dans le Nouveau Testament. 
  • Ils vivent au milieu de la population, qu’ils soignent de toutes les manières, corps et âmes. 

Devenir Parfait, Bon homme, Bonne dame, entrer dans les Ordres cathares

Les cathares : initiés et adeptes

Le catharisme n’imposait pas les mêmes devoirs aux Bonshommes ou Parfaits, qui étaient les ministres de « l’Église de Dieu » et aux croyants.
Ceux qui montraient la volonté de devenir Bon Homme ou Bonne Femme, le manifestaient par leur libre arbitre. Ils se soumettaient alors à une préparation consistant en une longue série de pratiques de purifications. Cette préparation consistait à éviter la nourriture carnée, à jeûner 3 jours par semaine avec des journées au pain et à l’eau et à accomplir plusieurs jeûnes dans l’année, à Noël, Pâques et Pentecôte.

Il y avait donc 2 niveaux d’engagement

Il s’agissait de maîtriser ce qui était de l’ordre de la matière, de diminuer l’impact du corps sur la vie quotidienne, de renforcer ses capacités de résistance et son âme et de s’assurer de pouvoir tenir bon quelles que soient les circonstances et les épreuves.

Cela a donné lieu – en partie – au concept de l’endura concernant ces pratiques de purification parfois extrêmes ; cependant l’endura recouvre des pratiques et des réalités plus complexes que celle que l’on définirait simplement d’ « endurance ». La manière dont l’Église romaine, l’Inquisition et la propagande des catholiques a interprété, décrit ou critiqué l’endura, a beaucoup faussé la vision de ce qu’elle pouvait être réellement.

Le premier niveau des croyants consistait à recevoir l’Oraison dominicale, l’explication de sa signification ésotérique, ainsi que l’autorisation puis l’injonction à réciter le Pater avant toute prise avant toute action.
Le deuxième niveau, faisant entrer le postulant réellement dans l’Église de Dieu, était atteint lorsque l’on avait reçu le sacrement le plus important, le premier consolament [consolamentum].

Pour les croyants n’ayant pas pu ou su recevoir le consolament, il y avait un deuxième consolament , administré pour purifier l’âme des mourants et leur permettre de poursuivre le travail de purification de leur âme dans des incarnations ultérieures.

Chemins de crète




Nous t’invitons à venir marcher avec nous dans les pas des Cathares et découvrir comment ils vivaient, quel était leur enseignement et à quelle source mystérieuse ils puisaient cette force supérieure qui les animait…